La Libération de Cuinchy

La Libération de Cuinchy

Le 26 août 1944, le Général Bernard Montgomery du 21ème groupe d’armée donne pour instruction à ses commandants d’armée, les généraux Harry Crerar (1er corps canadien) et Miles Dempsey (2ème armée britannique) d’exécuter trois choses :

  • détruire les forces allemandes dans le Pas de Calais et la Flandre
  • prendre l’important port d’Anvers
  • poursuivre la progression vers la Ruhr, cœur industriel de l’Allemagne.

Le 27 août, afin de faciliter leur avancée dans le Nord de la France, Jean Lejeune dit « Bastien », colonel de l’état-major des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI), donne les instructions :

  • fournir l’infanterie d’accompagnement aux blindés alliés
  • « ratisser » bois et bosquets pour capturer les fuyards et les isolés.

Le 28 août, le colonel Gaston Dassonville dit « Timéon », commandant des FFI du réseau Voix du Nord lance l’appel suivant : « maintenir le pont de bois de Cuinchy intact jusqu’à l’arrivée des forces alliées ».

Le pont étant alors l’un des seuls endroits permettant de circuler et de sécuriser les deux berges du canal d’Aire à La Bassée.

Les Allemands ayant par ailleurs établi une ligne défensive derrière le canal suite à l’avancée des alliés depuis la Normandie.

Dès le 29 août, environ 300 FFI de la région, sous le commandement d’Edouard Fontaine dit « Raoux », arrivent à Cuinchy. Ils occupent la mairie, la gare, le pont et installent leur quartier général dans la salle des fêtes. Ils forment une barricade avec du matériel agricole sur le pont. Les Allemands se replient derrière le canal. Pour franchir le pont, ils placent le cuinchynois Carolus Dupayage en tête du convoi.

Le 30 août vers 23h, le FFI de Noeux les Mines, Joseph Potaczek, est tué rue Berthelot.

Le 31 août à Cambrin rue Nationale, une colonne de prisonniers russes se fait mitrailler par des avions britanniques. Certains Russes s’échappent, d’autres sont blessés ou tués.

Le 1er septembre, Julien Clément, Maire de Cuinchy, fait enterrer 13 Russes dans la fosse commune du cimetière communal. Les blessés sont rassemblés à la ferme de Théophile Defief route nationale et amenés à l’hôpital de Bully les Mines.

Le même jour, place du bas Cuinchy, Florimond Dollet dit « Spada » tue un Allemand.

Rue Jean Jaurès, les Allemands lancent deux grenades dans la maison de Clovis Dassonville.

Le 2 septembre, Fernand Legrand et Etienne Delerue d’Auchy les Mines se font tuer à Festubert.
Rue Anatole France, Raymond et Emile Dassonville tirent depuis le clocher de l’église sur une colonne d’Allemands, ceux-ci ripostent. Ils tuent Rémi Devrainche et blessent Rosa Cadez à proximité de l’école.

Peu après, le premier accrochage a lieu sur le pont. Louis Dobel, commandant la 6ème compagnie de FFI de Loos en Gohelle se fait tuer en voulant observer les troupes ennemies installées dans les bâtiments de la coopérative agricole à la lisière de Givenchy lès La Bassée. Les Allemands tentent alors de détruire le pont en l’incendiant. Pendant qu’ils se replient momentanément vers Givenchy Lès La bassée, les pompiers de la défense passive de Cuinchy essayent d’éteindre l’incendie avec la pompe à bras. Le pont est endommagé sur le côté nord.

Théo Hofmann est blessé dans la maison garde-barrières. De nombreux Allemands sont fait prisonniers rue Jean Jaurès.

Le 3 septembre, Paul Roussel est tué en allant faire paître sa chèvre le long du canal.

« Spada » est retrouvé blessé, il est transporté à l’hôpital de Bully Les Mines.

La libération s’accélère. les premiers éléments de la 7ème division blindée britannique, « les rats du désert », partis de Saint-Pol à 15h et passant à Noyelles à 17h, arrivent en fin d’après-midi mais n’arrivent pas à franchir le pont. Il faut l’intervention du lieutenant Hugh Beach du 621st escadron de campagne des Royal Engineers pour que la situation évolue.

L’officier est grièvement blessé lors d’une reconnaissance sur le pont pour s’assurer que l’incendie du pont n’empêchait pas le passage des chars alliés. Son sauvetage est possible grâce à l’action du lance-sergeant Bill Tynan et du driver Frederick Harris. Néanmoins, avant d’être évacué, le lieutenant Beach réussit à transmettre les informations nécessaires aux chars pour prendre le pont dans la soirée.

Lors de la progression des chars sur la berge nord, rue Jean Jaurès, les soldats Diplock et Carpenter de la rifle brigade sont tués par un obus en provenance du petit bois de Givenchy Lès La Bassée, leur véhicule de reconnaissance est détruit. Ils sont enterrés provisoirement sur place. En fin de journée, après le passage du dernier char de la colonne, le pont s’effondre et nécessite la pose de rampes métalliques durant la nuit. Trois Allemands sont tués.

Le 4 septembre, dès l’aube, afin de neutraliser le seul passage possible qu’est le pont du canal, des obus allemands tombent toujours sur Cuinchy. Cinq allemands sont tués. Pendant ce temps, les régiments britanniques traversent à nouveau le canal et font mouvement pour couper l’axe La Bassée-Estaires.

Vers 14h, rue Basly, Mesdames Marguerite Berthe, épouse de Louis Bernard père, et Marie Pottier, épouse de Louis Bernard fils se sont tuer par des tirs de quatre canons allemands tirant sur Cuinchy depuis le bois Fréteur de Lorgies. Elles allaient se mettre à l’abri au fond du jardin.

En fin de journée, conformément aux ordres de mouvement de la 7ème division blindée britannique, une partie de la division fait mouvement vers Lens puis Seclin. La frontière belge est franchie à Toufflers vers 22h15.

Durant ces combats, les FFI ont fait plus d’un millier de prisonniers allemands.

Durant ces hostilités, des Cuinchynois signent des engagements. Denis Magniez participera à la libération de Dunkerque, Raymond Henri Dassonville et Michel Jean Defrance seront tués en Indochine.